lundi 29 octobre 2018

Des livres sur grand écran

Le thermomètre nous pousse vers les salles obscures, c'est l'occasion de redécouvrir deux classiques de la littérature enfantine adaptés pour le cinéma avec beaucoup de réussite. 


Les parents partent chercher Mamie pour les fêtes de fin d'année, confiant les petits et la maison à leur plus grand fils. Mais quel dommage de rester enfermé alors qu'on peut profiter d'un peu de liberté pour partir à la chasse à l'ours ! 
Attention, danger ! Adapter un monument comme La Chasse à l'ours de Michael Rosen et Helen Oxenbury, c'est courir le risque de bien des critiques et des accusations de trahison. En effet, en plus d'avoir marqué bien des jeunes lecteurs depuis sa première publication en 1989 (en 1997 en France chez Kaléidoscope), le récit initial contient une bonne part de mystère qui le rend extrêmement sensible à l'interprétation personnelle du lecteur. Dans le livre, on ne voit guère que quatre personnages dont le lien de parenté et les prénoms ne sont pas précisés qui se lancent dans une chasse étrange, sans qu'on sache s'il s'agit d'un jeu ou d'une réalité. Le livre entier (et probablement son succès) est construit sur l’ambiguïté même qui fait le ciment des jeux d'enfant : le danger est-il réel ou est-ce "pour de faux" ? L'ours est-il une véritable créature féroce ou s'agit-il seulement d'une peluche qu'on chérit au fond du lit ?


L'adaptation conduit nécessairement à faire des choix et à graver dans le marbre une interprétation de cette histoire, quitte à en décevoir certains. Ainsi, Joanna Harrisson et Robin Shaw ont ajouté quelques éléments de contexte familial à l'intrigue assez ténue (le soir de Noël, l'arrivée de la grand-mère ayant perdu son mari il y a peu...) mais surtout ils ont donné corps à l'ours lui-même qui est clairement vu par tous les enfants (contrairement au livre à la fin duquel le doute subsiste, les ours ne courant pas fréquemment la campagne anglaise... à l'exception peut-être de Paddington !).


Ces petites "trahisons" n'entament pas l'émotion qui se dégage dès les premières minutes du film d'animation. Voir les tendres visages dessinés par Helen Oxenbury s'animer, entendre la petite comptine qui rythme le livre chantée par les personnages, découvrir leurs prénoms et leurs caractères, c'est comme retrouver un vieil ami et découvrir ce qu'il est devenu des années après l'avoir quitté. Un mot sur le travail d'animation particulièrement réussi.
Une fois encore on peut craindre la difficulté d'adapter les aquarelles de la célébrissime illustratrice anglaise pour un support numérique. Le parti pris est celui de la haute fidélité et l'émotion reste intacte, comme au  moment où les enfants traversent la prairie, première étape de leur périple, où l'on croirait réellement voir le livre bouger devant nos yeux.
En somme, le court dessin animé séduira les puristes de la Chasse à l'ours comme ceux qui découvriront cette belle histoire d'aventures entre frères et sœurs à l'occasion de sa sortie en salle. A noter que le film est précédé par deux court-métrages d'Europe de l'Est très poétiques pour un programme total d'une quarantaine de minutes à apprécier à partir de 3 ans.
Extraits, images, fiches pédagogiques et activités récréatives autour du film sont disponibles sur le site de Little KMBO.


Il fait régner terreur et désolation, il est gourmand, malpoli, ronchon, chapardeur, de mauvaise foi... Bref vous adorerez détester le Rat Scélérat !
Après le Gruffalo, La Sorcière dans les airs et Monsieur Bout de Bois, c'est au tour du best-seller de Julia Donaldson et Axel Scheffler le plus terrifiant d'être adapté au cinéma. Pour ceux qui ne le connaissent pas, sachez que le Rat Scélérat est un des personnages les plus détestables que vous pourrez croiser dans une oeuvre pour la jeunesse (édité en France chez Gallimard Jeunesse). Feignant comme tout, il vole les provisions des animaux qui ont le malheur de croiser son chemin et terrorise tout le monde... à l'exception d'une courageuse petite oie qui parvient à prendre le gourmand au piège. Il est assez jouissif de voir (enfin !) un méchant puni pour avoir profité des autres si longtemps !

Extrait du Rat Scélérat de Jeroen Jaspaert, d'après Julia Donaldson et Axel Scheffler.

Le film enrobe un petit peu le récit initial dans lequel la petite oie se venge sans aucun complexe ni remord du Rat, l'abandonnant à son triste sort d'arroseur arrosé au fond d'une grotte. Cette fois-ci, le Rat, même s'il ne se départit pas de sa fâcheuse gourmandise, finit par se rendre compte que son attitude agressive et méprisante ne l'aidera pas et se repentit. Néanmoins, on adore cet anti-héros par excellence et son adaptation en 3D correspond parfaitement aux illustrations originales d'Axel Scheffler si expressives et reconnaissables.


On suit les mésaventure de celui qui se voudrait être un terrible cavalier en gardant le sourire du début à la fin. La musique joue énormément sur la perception que nous avons de ce malotru : le bandit de grand chemin commence par nous être plutôt sympathique, pour devenir franchement désagréable et se révèle finalement être un personnage assez burlesque qui vole jusqu'au foin de son cheval, ce mauvais calcul lui valant bien entendu sa chute finale !
Un bon moment à passer en famille à partir de 3 ans. Le film de 26 minutes est précédé par deux courts métrages d'animations sur le thème des animaux.
Extraits, images, fiches pédagogiques et activités récréatives autour du film sont disponibles sur le site des Films du Préau.

mardi 2 octobre 2018

C'est la rentrée... pour eux aussi !

Cette année comme les autres vous n'y échapperez pas : les poux font leur rentrée en même temps que nos têtes blondes. Contre cette invasion, une seule solution : prendre les choses avec philosophie et humour.



Quel est ce monstre sanguinaire qui crie à qui veut l'entendre son goût terrifiant pour le sang ? Il vit en bande dans les endroits les plus sombres et s'avère bien difficile à attraper !
Vous devinerez facilement qui est le "grand méchant" qui sème la terreur sur son passage. Les illustrations de Loïc Méhée nous laissent deviner une terrible créature, jouant sur les ressorts des angoisses enfantines... avec ses yeux menaçants, ses dents acérées et son cri strident, on pourrait être certains de rencontrer un loup. Le pou est tout aussi vilain, il est laid et ne fait que se vanter de faire peur à tout le monde, vraiment détestable, en somme !
Un album réjouissant à lire (on doit crier une dizaine de fois Awooouuuuh) aux têtes blondes avec ou sans pou à partir de 3 ans.




Il est là, il rôde autour de la cour de récréation dont il est la terreur... Le grand méchant loup ? Mais non ! Le grand méchant pou !
L'album se joue des réactions disproportionnées en rapport avec la taille du pou. On joue sur les effets d'échelle et de cadrage, un peu comme dans le célèbre Attend que je t'attrape de Tony Ross  (Gallimard, 1984) dans lequel un monstre rêve d'envahir la planète Terre... mais se révèle n'être pas plus gros qu'une souris. Cette fois-ci, l'ennemi est ridicule par la quand il y a une alerte dans l'école c'est le branle-bas de combat partout dans les maisons et chacun y va de sa technique. Les illustrations d'Océane Meklemberg décrivent avec un style quasi burlesque la terreur de la maîtresse, l'agacement des parents et bien entendu l'envie d'en finir des enfants qui n'en peuvent plus de se faire asperger de produits divers et variés.
Cette histoire rigolote et pleine d'énergie permet de relativiser la "catastrophe" redoutée par les parents et les enseignants. A partir de 3 ans.



La maman de Colette est de très très mauvaise humeur. A chaque fois c'est la même rengaine quand elle a des poux : il faut la shampouiner, passer sa chevelure au peigne et même la menacer de tout couper !
Sandra Le Guen inverse les rôles avec malice : c'est la maman qui est victime des petites bêtes et qui se plaint des traitements que lui inflige sa petite fille. Les illustrations de Csil sont tout simplement adorables et elles nous rendraient presque les poux sympathiques. Tracés au stylo dans les longs cheveux de la maman, on croirait des petits dessins d'enfants pas vraiment méchants. Mais il ne faut pas s'y tromper, les mesures employées sont radicales.
Une petite histoire tendre qui rappelle que les poux, c'est aussi la galère pour les enfants ! A partir de 3 ans.

Pour les éternels combattants...
Nous vous ferons pas l'affront de vous présenter un produit MIRACLE contre ces petites bêtes pernicieuses qui semblent de plus en plus résistantes aux produits vendus sur le marché. Cependant, il faut noter que la gamme de produits Zéro Poux a été développée pour respecter la peau des enfants et leur santé. 
Le baume ne contient aucun insecticide et sa texture onctueuse contribue à nourrir le cheveux et faciliter le passage du peigne qui vous débarrassera des lentes et des poux. Point positif et non des moindres si vous êtes un habitué de ce type de produit : il se rince très facilement, en particulier à l'aide du shampoing de la même gamme qui a un effet démêlant. Pour amadouer les enfants (et les parents !) qui en ont vraiment assez des traitements, son parfum de bonbon prodigue un peu de réconfort en ces temps de lutte acharnée contre les minuscules envahisseurs.
A partir de 10.90 euros en vente en ligne.

mercredi 5 septembre 2018

Se souvenir de l'été

On l'aura compris, la rentrée est passée et il nous faut plonger à pieds joints dans l'année scolaire et ses différents impératifs. Et si, à l'occasion d'une lecture du soir, vous vous accordiez un retour en arrière de quelques minutes dans vos souvenirs d'été



Dans son cahier, une petite fille consigne ce qu'elle retiendra de son été. Des images, des moments, des proches ou des repas et beaucoup d'émotions qui échappent aux mots. 
Le petit livre à la couverture rose annonce tout de suite la couleur : on plonge dans un été vitaminé, peuplé de gourmandise, d'animaux et de jeux. La petite héroïne fait le bilan de son été en une énumération à la fois évocatrice (les pieds dans l'eau de la rivière, les couleurs du marché...) et mystérieuse. Le texte de Stéphanie Demasse-Pottier ouvre tous les possibles : par exemple, la petite fille fait mention de 9 amis attablés et Julie Brouant dessine non pas une soirée d'été entre copains mais une dînette entre poupée, elle dénombre 5 petites filles sur une balançoire, mais nous n'avons nulle information sur qui elles sont, leur lien de parenté ou l'occasion pour laquelle elles sont réunies. 


A la fois la petite fille partage ses souvenirs et elle n'en livre que quelques touches impressionnistes dont elle seule connaît la substance (qui est Grégoire ? A qui envoie-t-elle sa carte postale ? etc.). Le lecteur peut ainsi se saisir de ces souvenirs et imaginer les petites histoires auxquels ils font référence. Les illustrations, larges aplats de couleurs, pratiquent ce même art de la suggestion : quand on nous annonce "Ding et Dong, 2 dindons un peu fous", Julie Brouant nous montre une voiture qui arrive près d'une petite maison rose, des silhouettes de personnages dont on devine qu'ils regardent aux premier plan les deux animaux, sans que plus de détails soient nécessaires pour mettre en marche l'imagination : s'agit-il de la maison de la grand-mère de la petite ? Va-t-elle y passer une partie de l'été ? Retrouve-t-elle ce lieu chaque année ? Le lecteur à partir de 3 ans (mais bien après également) répondra lui-même à ces questions à l'aide de sa propre expérience. 
Cet album en apparence tout simple est une jolie invitation à imaginer... et à se souvenir de son propre été !


Une petite fille rentre à peine de vacances que déjà elle se lamente qu'elles soient déjà finies. Avec son petit frère, ils retrouvent quelques grains de sable au fond de leurs chaussures qu'ils décident de planter, dans l'espoir qu'ils fassent revenir l'été. 
L'échange des deux enfants est un concentré des souvenirs de leur été : sorbets citron, châteaux bravant l'océan, siestes sous les parasols... Ils compilent ainsi ce qui leur a autant plus et par-dessus tout les moments de partage et de complicités qui comme de petites "graines de sable" viennent se loger dans leur mémoire pour faire pousser de beaux souvenirs et la promesse de l'été prochain. 


Sans nostalgie mais avec beaucoup d'émotions, Sibylle Delacroix illustre le besoin de permanence des enfants (et aussi de leurs parents) : en se remémorant leur formidable été composé de plaisirs simples, ils passent doucement à autre chose. Les illustrations sont tout simplement adorable : l'ensemble est en noir et blanc hormis les grains de sable et les éléments qui naissent de l'imagination qui envahissent les pages d'un jaune citron lumineux et les quelques touches de bleu de leurs vêtements. 
Un adorable échange entre frère et soeur à lire à partir de 3 ans



Si vous aimez les carnets de voyage ou si vous cherchez l'inspiration pour vos voyages en famille, jetez un oeil sur le travail de la famille qui raconte son tour du monde sur le blog Du Globe au Blog. Certaines des pages de leurs carnets personnels y sont reproduites, il s'agit d'une véritable invitation à garder des souvenirs, mais surtout à voyager en famille !