mercredi 16 janvier 2019

Et moi et moi et moi

Nul besoin de s'en cacher, mon rythme de publication sur ce blog est devenu très incertain. Les raisons sont multiples mais la principale est la prépondérance d'Instagram dans ma façon de communiquer. Il y a également, il faut l'avouer, que je me censure beaucoup lorsque je souhaite écrire. Peur de me tromper, du ridicule, de froisser, de ne servir à rien... Cela fait que j'ai des dizaines de brouillons débutés et très peu de publiés, au grand dam des éditeurs qui m'ont confié leurs ouvrages pour en faire la promotion.

S'il devait y avoir une seule résolution à prendre cette année, ça serait probablement celle-ci : libérer un petit peu ma parole sur ce blog, écrire ce que j'ai envie de partager sur le moment sans réfléchir des semaines à la façon de le présenter pour que ça soit le mieux ficelé. En ce début d'année, j'ai un peu plus envie de faire confiance à mes goûts, que ce soit en terme de littérature pour la jeunesse ou pour le reste... donc je vais vous confier quelles sont MES envies pour les mois qui viennent, tant pis si je regrette par la suite un texte plus personnel que les autres. 

Pour mon anniversaire

J'ai souvent refusé d'indiquer à mes proches ce que je souhaitais recevoir pour mes anniversaires. J'ai rarement été déçue mais j'ai souvent attendu longtemps qu'on décrypte mes signaux. Je ne partagerai pas cette liste comme le font les enfants pour Noël mais je me dis que le fait d'assumer ses désirs c'est aussi s'en approcher un peu. 

- Un manteau de chez SixSoeurs



Je ne suis pas particulièrement fashionista dans l'âme mais il y a quelque chose qui me parle dans les créations de Madeleine que je trouve adaptée au mode de vie des filles d'aujourd'hui. Il  y a du cocooning, mais aussi de la couleur et même du bling bling dans ces pièces fabriquées en France en petites séries. J'ai déjà craqué pour des blouses mais je crois que cette année sera celle du manteau "de dame" que j'irai trouver à La Manufacture Parisienne où la marque s'est installée à Paris.

- Un original de Jeanne Macaigne.


J'ai souvent considéré la décoration comme superflue mais je me soigne. Surtout, j'ai découvert il y a maintenant un an, sur le Salon de Montreuil, une jeune illustratrice dont l'imagination semble intarissable, comme peuvent en témoigner les planches de son dernier album Les coiffeurs des étoiles (non mais déjà ce titre !) publié chez MeMo en 2018. 
Et ça tombe bien ! Elle expose au Musée de Poche à partir du 23 janvier !

- Un voyage aux Etats-Unis pour voir O du Cirque du Soleil
Alors là c'est le rêve absolu, non de voir Las Vegas dont je me moque un peu mais de traverser l'océan et un continent entier pour voir cette création mythique des rois du cirque contemporain... Etant donné le coût certain, je vais peut-être me rabattre sur leur spectacle parisien Toruk, inspiré d'Avatar, qui promet d'être superbe.

Pour mon quotidien

- Un peu de spontanéité
Le fait d'avoir des enfants en ville a beau être une manne d'un point de vue culturel cela conduit à tout prévoir des mois à l'avance. Un concert sympa, une expo kid-friendly, des billets de trains abordables... Il faut être sur le qui-vive en permanence et c'est assez usant sans compter de la disparition de toute forme de spontanéité. Objectif de l'année, tenter une visite sur un coup de tête, profiter des nombreux espaces gratuits qu'offre Paris des Berges de Seine aux bibliothèques municipales et advienne que pourra ! 

- Paris en plus grand


Cette année plus de 12 000 personnes ont quitté la capitale... mais la plupart ne sont pas allées bien loin ! En effet cet exode a conduit les Parisiens... vers la Petite et la Grande Couronne ! L'occasion rêvée, à la faveur d'une visite amicale, de visiter le Grand Paris de fond en comble. Abonnée à la newsletter "Enlarge your Paris", j'ai été ravie d'apprendre qu'ils sortaient un guide en version papier.  

- Greenwashing 
Nous accomplissons au quotidien des petites tâches "écolos"qui nous demandent peu d'effort : utiliser peu de produits d'entretien ou cosmétiques et majoritairement écologiques, consommer bio et peu de viande de qualité, changer de fournisseur d'électricité pour une option favorisant le renouvelable, remplir consciencieusement le compost et acheter peu de neuf... Mais j'ai toujours le sentiment de ne pas compenser la pollution créée par nos multiples appareils électroniques, nos allers et retours en avion quelques fois dans l'année, les bains de nos enfants (bien que peu nombreux il faut l'admettre !) ou notre consommation occasionnelle de fruits exotiques. 
Heureusement pour nous, la Mairie de Paris a modifié les règles de tri des déchets ce qui nous a permis d'inverser nos poubelles (la grande poubelle est désormais dédiée au tri et la petite aux déchets ménagers classiques) mais je cherche encore des gestes pour réduire la facture que nous présentera la planète tôt ou tard.
Pour calculer le nombre de planète qu'il nous faudrait si tout le monde vivez comme vous grâce au test de Global Footprint Network

Pour le travail ?

Après plusieurs années passées à la même place il se trouve que j'ai la bougeotte, j'ai déjà créé une société depuis un moment mais je reste frileuse...
Alors se lancera ? Se lancera pas ?

lundi 29 octobre 2018

Des livres sur grand écran

Le thermomètre nous pousse vers les salles obscures, c'est l'occasion de redécouvrir deux classiques de la littérature enfantine adaptés pour le cinéma avec beaucoup de réussite. 


Les parents partent chercher Mamie pour les fêtes de fin d'année, confiant les petits et la maison à leur plus grand fils. Mais quel dommage de rester enfermé alors qu'on peut profiter d'un peu de liberté pour partir à la chasse à l'ours ! 
Attention, danger ! Adapter un monument comme La Chasse à l'ours de Michael Rosen et Helen Oxenbury, c'est courir le risque de bien des critiques et des accusations de trahison. En effet, en plus d'avoir marqué bien des jeunes lecteurs depuis sa première publication en 1989 (en 1997 en France chez Kaléidoscope), le récit initial contient une bonne part de mystère qui le rend extrêmement sensible à l'interprétation personnelle du lecteur. Dans le livre, on ne voit guère que quatre personnages dont le lien de parenté et les prénoms ne sont pas précisés qui se lancent dans une chasse étrange, sans qu'on sache s'il s'agit d'un jeu ou d'une réalité. Le livre entier (et probablement son succès) est construit sur l’ambiguïté même qui fait le ciment des jeux d'enfant : le danger est-il réel ou est-ce "pour de faux" ? L'ours est-il une véritable créature féroce ou s'agit-il seulement d'une peluche qu'on chérit au fond du lit ?


L'adaptation conduit nécessairement à faire des choix et à graver dans le marbre une interprétation de cette histoire, quitte à en décevoir certains. Ainsi, Joanna Harrisson et Robin Shaw ont ajouté quelques éléments de contexte familial à l'intrigue assez ténue (le soir de Noël, l'arrivée de la grand-mère ayant perdu son mari il y a peu...) mais surtout ils ont donné corps à l'ours lui-même qui est clairement vu par tous les enfants (contrairement au livre à la fin duquel le doute subsiste, les ours ne courant pas fréquemment la campagne anglaise... à l'exception peut-être de Paddington !).


Ces petites "trahisons" n'entament pas l'émotion qui se dégage dès les premières minutes du film d'animation. Voir les tendres visages dessinés par Helen Oxenbury s'animer, entendre la petite comptine qui rythme le livre chantée par les personnages, découvrir leurs prénoms et leurs caractères, c'est comme retrouver un vieil ami et découvrir ce qu'il est devenu des années après l'avoir quitté. Un mot sur le travail d'animation particulièrement réussi.
Une fois encore on peut craindre la difficulté d'adapter les aquarelles de la célébrissime illustratrice anglaise pour un support numérique. Le parti pris est celui de la haute fidélité et l'émotion reste intacte, comme au  moment où les enfants traversent la prairie, première étape de leur périple, où l'on croirait réellement voir le livre bouger devant nos yeux.
En somme, le court dessin animé séduira les puristes de la Chasse à l'ours comme ceux qui découvriront cette belle histoire d'aventures entre frères et sœurs à l'occasion de sa sortie en salle. A noter que le film est précédé par deux court-métrages d'Europe de l'Est très poétiques pour un programme total d'une quarantaine de minutes à apprécier à partir de 3 ans.
Extraits, images, fiches pédagogiques et activités récréatives autour du film sont disponibles sur le site de Little KMBO.


Il fait régner terreur et désolation, il est gourmand, malpoli, ronchon, chapardeur, de mauvaise foi... Bref vous adorerez détester le Rat Scélérat !
Après le Gruffalo, La Sorcière dans les airs et Monsieur Bout de Bois, c'est au tour du best-seller de Julia Donaldson et Axel Scheffler le plus terrifiant d'être adapté au cinéma. Pour ceux qui ne le connaissent pas, sachez que le Rat Scélérat est un des personnages les plus détestables que vous pourrez croiser dans une oeuvre pour la jeunesse (édité en France chez Gallimard Jeunesse). Feignant comme tout, il vole les provisions des animaux qui ont le malheur de croiser son chemin et terrorise tout le monde... à l'exception d'une courageuse petite oie qui parvient à prendre le gourmand au piège. Il est assez jouissif de voir (enfin !) un méchant puni pour avoir profité des autres si longtemps !

Extrait du Rat Scélérat de Jeroen Jaspaert, d'après Julia Donaldson et Axel Scheffler.

Le film enrobe un petit peu le récit initial dans lequel la petite oie se venge sans aucun complexe ni remord du Rat, l'abandonnant à son triste sort d'arroseur arrosé au fond d'une grotte. Cette fois-ci, le Rat, même s'il ne se départit pas de sa fâcheuse gourmandise, finit par se rendre compte que son attitude agressive et méprisante ne l'aidera pas et se repentit. Néanmoins, on adore cet anti-héros par excellence et son adaptation en 3D correspond parfaitement aux illustrations originales d'Axel Scheffler si expressives et reconnaissables.


On suit les mésaventure de celui qui se voudrait être un terrible cavalier en gardant le sourire du début à la fin. La musique joue énormément sur la perception que nous avons de ce malotru : le bandit de grand chemin commence par nous être plutôt sympathique, pour devenir franchement désagréable et se révèle finalement être un personnage assez burlesque qui vole jusqu'au foin de son cheval, ce mauvais calcul lui valant bien entendu sa chute finale !
Un bon moment à passer en famille à partir de 3 ans. Le film de 26 minutes est précédé par deux courts métrages d'animations sur le thème des animaux.
Extraits, images, fiches pédagogiques et activités récréatives autour du film sont disponibles sur le site des Films du Préau.

mardi 2 octobre 2018

C'est la rentrée... pour eux aussi !

Cette année comme les autres vous n'y échapperez pas : les poux font leur rentrée en même temps que nos têtes blondes. Contre cette invasion, une seule solution : prendre les choses avec philosophie et humour.



Quel est ce monstre sanguinaire qui crie à qui veut l'entendre son goût terrifiant pour le sang ? Il vit en bande dans les endroits les plus sombres et s'avère bien difficile à attraper !
Vous devinerez facilement qui est le "grand méchant" qui sème la terreur sur son passage. Les illustrations de Loïc Méhée nous laissent deviner une terrible créature, jouant sur les ressorts des angoisses enfantines... avec ses yeux menaçants, ses dents acérées et son cri strident, on pourrait être certains de rencontrer un loup. Le pou est tout aussi vilain, il est laid et ne fait que se vanter de faire peur à tout le monde, vraiment détestable, en somme !
Un album réjouissant à lire (on doit crier une dizaine de fois Awooouuuuh) aux têtes blondes avec ou sans pou à partir de 3 ans.




Il est là, il rôde autour de la cour de récréation dont il est la terreur... Le grand méchant loup ? Mais non ! Le grand méchant pou !
L'album se joue des réactions disproportionnées en rapport avec la taille du pou. On joue sur les effets d'échelle et de cadrage, un peu comme dans le célèbre Attend que je t'attrape de Tony Ross  (Gallimard, 1984) dans lequel un monstre rêve d'envahir la planète Terre... mais se révèle n'être pas plus gros qu'une souris. Cette fois-ci, l'ennemi est ridicule par la quand il y a une alerte dans l'école c'est le branle-bas de combat partout dans les maisons et chacun y va de sa technique. Les illustrations d'Océane Meklemberg décrivent avec un style quasi burlesque la terreur de la maîtresse, l'agacement des parents et bien entendu l'envie d'en finir des enfants qui n'en peuvent plus de se faire asperger de produits divers et variés.
Cette histoire rigolote et pleine d'énergie permet de relativiser la "catastrophe" redoutée par les parents et les enseignants. A partir de 3 ans.



La maman de Colette est de très très mauvaise humeur. A chaque fois c'est la même rengaine quand elle a des poux : il faut la shampouiner, passer sa chevelure au peigne et même la menacer de tout couper !
Sandra Le Guen inverse les rôles avec malice : c'est la maman qui est victime des petites bêtes et qui se plaint des traitements que lui inflige sa petite fille. Les illustrations de Csil sont tout simplement adorables et elles nous rendraient presque les poux sympathiques. Tracés au stylo dans les longs cheveux de la maman, on croirait des petits dessins d'enfants pas vraiment méchants. Mais il ne faut pas s'y tromper, les mesures employées sont radicales.
Une petite histoire tendre qui rappelle que les poux, c'est aussi la galère pour les enfants ! A partir de 3 ans.

Pour les éternels combattants...
Nous vous ferons pas l'affront de vous présenter un produit MIRACLE contre ces petites bêtes pernicieuses qui semblent de plus en plus résistantes aux produits vendus sur le marché. Cependant, il faut noter que la gamme de produits Zéro Poux a été développée pour respecter la peau des enfants et leur santé. 
Le baume ne contient aucun insecticide et sa texture onctueuse contribue à nourrir le cheveux et faciliter le passage du peigne qui vous débarrassera des lentes et des poux. Point positif et non des moindres si vous êtes un habitué de ce type de produit : il se rince très facilement, en particulier à l'aide du shampoing de la même gamme qui a un effet démêlant. Pour amadouer les enfants (et les parents !) qui en ont vraiment assez des traitements, son parfum de bonbon prodigue un peu de réconfort en ces temps de lutte acharnée contre les minuscules envahisseurs.
A partir de 10.90 euros en vente en ligne.