jeudi 15 août 2013

Un été au Québec #4 Activités culturelles avec les enfants

Les voyages forment la jeunesse paraît-il, autant faut-il en tirer le meilleur parti !  Au Québec, nous partageons la langue avec nos cousins, mais tant de choses sont diffèrentes de notre vieille France ! Jouez au jeu des différences au travers de ces activités à réaliser en famille.

L'imagier des vacances
Avant de partir, interrogez vos enfants sur ce qui leur semble représentatif de la France et de la vie à Paris : pigeons, Tour Eiffel, baguette de pain... listez les éléments qui font que notre quotidien est tel qu'il est. Remplissez les pages gauches d'un jolis carnet de ces images. Au cours de vos pérégrinations dans la Belle Province, ayez le réflexe de demander aux enfants ce qui les interpelle : point de pigeon à Montréal, mais de nombreux écureuils qui parcourent les parcs; pas d'immeuble haussmannien mais de la brique et des escaliers extérieurs vertigineux. Compilez les images, dessinez, prenez des photos ou achetez des cartes postales et fabriquez votre propre imagier. Si vous manquez d'inspiration, remémorez-vous Paris-NewYork de Vahram Muratyan qui compare les deux capitales astucieusement.


Bonjour ma cousine, Bonjour mon cousin germain... jeux sur la francophonie.
Les enfants le remarqueront même très jeunes, si nos cousins parlent la même langue que nous, c'est dans une version fort typée. Profitez de ce voyage pour les sensibiliser à la francophonie avec humour. Tout comme pour l'imagier, laissez-les relever les mots qui leur semblent étranges, inappropriés ou carrément ridicules. Composez ensemble un lexique franco-québécois à adapter à chaque âge.


Salut ! Ça va ? A Montréal, le tutoiement est de rigueur, et vous pourrez être désarçonné par la familiarité apparente des vendeurs et serveurs à votre égard. Faites le remarquer à vos enfants et introduisez une réflexion sur les différents registres de langage. Qui vouvoie-t-on en France ? Pourquoi n'utilise-t-on pas les même formules de politesse avec la famille et les inconnus ?

Au restaurant (la salle à manger), appropriez vous l'argot local et laissez vos enfants commander rôties (toasts beurrés), breuvages (boisson non alcoolisée) avec du beurre de pinottes (beurre de cacahuètes) ou du blé d'inde (maïs). Pourquoi ne pas conclure le repas au bar laitier (marchand de glace) pour prendre une crème molle (glace à l'italienne) ?

Do you speak franglish ? Pas facile d'être un des derniers bastions francophone dans un monde qui subit les assaut répétés de la langue anglaise. Les Québécois ont pris le parti de tout traduire, pour le meilleur et pour le pire. Jouez à retrouver les mots dans la ville : pas de panneaux STOP, de parking ou de drive-in dans les rues québécoises ! La francisation à tout crin dérape un peu lorsqu'elle adapte directement les mots anglais en français : vous pourrez canceller (annuler) une réservation, regretter que toutes les chambres d'un hôtel soient engagées (occupées)... ou tomber en amour (de fall in love) avec la langue québécoise. Ne soyez pas étonnés qu'on vous réponde "bienvenue" (you're welcome) à vos remerciements. Au-delà de l'anecdote, amusez-vous avec vos enfants à repérer les mots d'anglais qui font de plus en plus partie de notre quotidien et essayer de les remplacer par leurs équivalents français le temps d'un voyage.

Ne soyez pas trop regardant avec les allusions graveleuses avec les plus grands. Après tout, nous, les parents, sommes les premiers à sourire des quiproquos sur le sens "cachés" des mots. Ne privez pas vos enfants de rapporter des bonnes blagues de leur voyage qui feront bien rire leurs copains de récré à base de traductions hilarantes : bibittes (insectes, bêbettes), de branleux (hésitant), turlutes (chansons) ou de gosses (les bijoux de famille, pour nos amis les Québecois) et j'en passe.

Chantez Québécois !
La chanson québécoise ne se limite pas aux médiatiques chanteurs "à voix", elle compte un bon nombre de paroliers talentueux et bourrés d'humour qui sensibiliseront les oreilles des plus jeunes aux sonorités du québécois.

Les Cowboys Fringants ont connu un immense succès à la fin des années 2000 sont devenus des véritables porte-drapeau  pour une jeunesse montréalaise francophone engagée. Le groupe originaire de la région de Montréal allie les airs un peu nostalgiques de la folk, les rythmes festifs du rock alternatif et des textes émaillés de jual, sorte de dialecte français parlé à Montréal. Les plus jeunes se dandineront avec joie sur la musique survitaminée, les ados adopteront les revendications altermondialistes  et les parents déchiffreront les références pléthoriques de textes balancés à toute vitesse avec un fort accent.

(La Manifestation, un des tubes de Break Syndical (2002) (ici en live au Centre Bell de Montréal)

Le groupe français Mes Souliers Sont Rouges a fait revivre la chanson traditionnelle québécoise (et française) au travers de quelques titres qui font le bonheur des enfants : construits comme des comptines avec beaucoup de rythme et de répétitions, ils sont très faciles à retenir et ponctueront vos balades dans la Belle Province.

La poule à Colin est une chanson traditionnelle québécoise reprise, avec d'autres, dans l'album En Dehors Des Clous (1998)

Enfin amusez-les avec le portrait des Français par une Québécoise dotée, certes, d'une sacrée voix, mais aussi d'une belle plume. 

Lynda Lemay raille les Français dans son album Du coq à l'âme(2000), bel exemple d'humour québécois.

En en apprenant plus sur la culture québécoise, les enfants garderont non seulement des souvenirs bien précis de leur voyage, mais auront des clefs pour interroger leur vie quotidienne, leur nationalité, leurs habitudes et leur langue.

Bon voyage et bon été à tous !

1 commentaire:

  1. Paris-NewYork de Vahram Muratyan est juste une pépite ! J’espère qu’il y aura d’autres éditions 
    Sinon l’idée de créer son propre imagier est une idée simple mais géniale, comme toutes les idées géniales en fait !!! On se demande toujours pourquoi on y a pas pensé sois même 

    Quant aux expressions canadiennes j’en suis totalement fan, ça m’a d’ailleurs valu une bonne grosse crise de fou rire quanq au restau on m’avait demandé si ils pouvaient « monter la table » et que je leur avais répondu non merci, qu’on était très bien au RDC (bon j’avais 12 ans, on m’excuse !)

    Les Cowboys Fringants purée tu me replonges 10 ans en arrière là ! Et ça fait un bien fou merci
    Linda Lemay je suis en amour d’elle 

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