jeudi 17 avril 2014

La liste noire de la femme enceinte

L'année dernière, je publiais des conseils de lectures destinés aux femmes enceintes. Pendant cette période troublée, il faut en effet ménager des hormones à fleur de peau et un esprit anxieux. Dans le cadre de la thématique du mois "Bébé arrive", je tenais à vous prémunir contre les insomnies, déjà fréquentes pour certaines et vous dévoiler ma liste noire : les films et livres à éviter pour une grossesse heureuse et détendue. 

Un heureux événement, de Eliette Abécassis, pour te dégoûter de faire des gosses


Il ne fait nul doute que la maternité a été un cataclysme pour Eliette Abécassis. Bon, je vous rassure pour elle, Un heureux événement, qui relate avec force de détails les affres de sa grossesse, a été un best-seller dont les droits d'auteurs ont du être substantiels et équilibrer un petit peu le bilan. Le propos est clair : avoir un enfant va foutre en l'air votre vie de couple, votre vie professionnelle et le peu d'estime de vous qu'il vous reste. 
" Désormais ma vie ne m'appartenait plus. Je n'étais plus qu'un creux, un vide, un néant. Désormais, j'étais mère. " 
Ambiance. On aurait pu croire que le joli couple formé par Louise Bourgoin et Pio Marmaï dans l'adaptation cinématographique réalisée par Rémi Bezançon (Le premier jour du reste de ta vie) égaierait un petit peu ce constat dramatique, mais non. Ils se déchirèrent et eurent beaucoup d'enfants aurait pu être la baseline du film. Alors certes, l'histoire est émaillée d'anecdotes bien vues sur le suivi médical, les achats dans les magasins de puériculture, les réactions des proches... Mais pourquoi présenter l'arrivée d'un enfant comme un malheur qui s'abat sur une histoire d'amour ?

A remplacer par : Away We Go, de Sam Mendes, 2009, où de futurs parents à la recherche du cadre idéal pour élever leur enfant se rendent compte qu'ils n'ont besoin que de l'amour de l'autre pour se sentir être une famille. 

Rosemary's Baby, de Roman Polanski : mais c'est quoi son problème à ce bébé ?



Enfin en congé maternité, vous voyez se profiler de longues journées à occuper, pourquoi pas en regardant les films que vous avez référencés consciencieusement dans la section "un jour peut-être" de votre agenda. Si l'intégrale de Roman Polanski figurait à votre programme, faites l'impasse sur le film qu'il réalisa en 1968. Les choses débutent pourtant bien : un jeune couple fou d'amour s'installe dans un nouvel appartement. Leur vie est illuminée par l'annonce de la grossesse de la femme, un peu inexpérimentée, délicieusement jouée par Mia Farrow qui excelle à incarner la femme-enfant fragile et influençable. Peu à peu la situation dégénère. En plus du caractère irascible de son conjoint (John Cassavetes, parfaitement ténébreux), la jeune femme doit faire face à d'étranges complications médicales. Vous attendrez une bonne année après la naissance avant de savoir la suite, pour votre bien et celui de votre descendance.

A remplacer par : Petits d'homme, le documentaire de Laurent Frapat, spécialiste du reportage animalier, qui nous montre les premières années de la vie de bébé sous un angle innovant et instructif. S'ils détiennent bien des mystères, nos petits sont bien loin d'être démoniaques.

Le Divin enfant, de Pascal Bruckner (Editions du Seuil, 1992) ou le bébé qui refusait de naître.


Attention, danger absolu pour celles dont la grossesse s'allonge au point de mener au dépassement de terme. Madeleine attend des jumeaux d'une union qui la rend malheureuse. Elle décide à l'annonce de sa grossesse de mettre tous les atouts du côté de ses futurs enfants qui vont subir un programme de simulation in utero. Supérieurement intelligents avant même leur mise au monde, les deux enfants sont destinés à un grand avenir : ils maîtrisent plusieurs langues, connaissent les rudiments de la musique et l'essentiel de l’arithmétique quand vient le jour  de leur naissance. Lorsque le premier enfant arrive sur terre, quelle n'est pas la déception de la jeune mère quand elle constate que tous ses efforts ont été vains. L'accouchement a représenté une telle épreuve physique pour le nourrisson qu'il en a perdu toutes ses facultés mentales exceptionnelles. Face à cette perspective, le second jumeau refuse de sortir. Etre condamné à babiller comme un vulgaire poupon alors qu'on connaît le grec ancien ou la finesse de Mozart ? Jamais ! S'en suivent de savoureuses pages d'un roman empreint d'un humour cynique qui fait la patte incomparable de l'auteur de Lune de fiel et des Voleurs de beauté. L'enfant s'installe de façon durable dans l'utérus de sa mère qui ne devient qu'un incubateur géant... image qui risque de parler aux femmes ayant déjà dépassé leur terme.

A remplacer par : Bébé, de Fran Manuschkin et Ron Himmler, que j'avais évoqué dans cet article.

Prometheus, de Ridley Scott, comment faire des cauchemars sur la césarienne



En digne prequel de la saga Alien, Prometheus, sorti en 2012 en salle, apporte sa propre version de la naissance de l'alien qui grandit dans le corps de l'héroïne. Cette fois-ci, ce n'est pas le lieutenant Ripley (Sigourney Weaver) entourée d'une équipe de médecins qui voit naître son drôle d'héritier mais Elisabeth Shaw (Noomi Rapace) qui s'y colle, d'une façon bien plus solitaire et... sanglante. Âmes sensibles, et femmes enceintes s'abstenir, d'autant que le film est somme toute assez mauvais.

A remplacer par : Entre leurs mains, le documentaire de Claire Darmayant diffusé par Public Sénat qui a séduit un large public en montrant le quotidien des sages-femmes qui œuvrent à domicile, ces accompagnatrices privilégiées de la grossesse et de la mise au monde dont le statut est sans cesse remis en cause alors qu'elles contribuent à faire de cet événement une étape non-violente. A voir en vidéo à la demande sur le site de Public Sénat.

Et n'oubliez pas : ménagez-vous ! 

2 commentaires:

  1. Merci pour cette black list. J'ai regardé la vidéo de Prometheus et VOMIR !!! En effet ça me fait penser à Alien. PROMIS je ne lirai que des romans à l'eau de rose et ne regarderai que des séries débiles quand je serai en congés mat...

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    1. Je précise que bien entendu j'ai vu Prometheus pendant ma première grossesse...

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