mercredi 7 janvier 2015

Douce France

Dans le cadre de la thématique dédiée à la France, j'avais prévu de rédiger une lettre à mes filles dans laquelle j'essayais de leur expliquer la chance qu'elles avaient d'être nées dans ce si beau pays. Je voulais leur parler de la diversité culturelle exceptionnelle qui formait leur héritage. Je voulais leur dire à quel point leurs aïeux avaient connus la peine et l'ignorance, en avait fait preuve même parfois, que ces erreurs et ces souffrances font partie d'elles mais qu'elles pouvaient grandir avec dans l'intelligence. 

Je voulais dire à mes filles qu'elles étaient à l'image de leur pays, un mélange un peu foutraque d'origines et de croyances. Que leur arrière-grand-mère et les membres de sa famille avaient subi la barbarie nazie et en avaient témoigné, certains dans l'excès et d'autre avec dérision, ce qui fait qu'on peut se retrouver aujourd'hui à se gaver de pata negra en devisant le conflit israëlo-palestinien. Que leur arrière-grand-père était un ouvrier couvreur dans sa deuxième vie, mais que dans la première il était un trapéziste hors pair et qu'il est le seul de sa famille a avoir une photo de son enfance passée dans les cirques d'Europe parce qu'il avait commencé sa carrière à 5 ans. 

Que d'autres s'étaient fourvoyés par le passé en se révélant être d'horribles racistes, des tueurs pendant la guerre d'Algérie et mêmes des fanatiques religieux. 

Je voulais leur dire que dans leur famille, comme en France, elles pouvaient aussi compter des gitans quasi illettrés, un normalien spécialiste des Essais de Montaigne, des agriculteurs bourrus, un avocat, des instits lecteurs de Wolinski. Et que malgré toutes ces différences ce n'étaient pas bien grave, puisqu'avec la culture et l'humour on pouvait composer avec tout ces héritages parfois difficiles à assumer. 

Et aujourd'hui, dans notre pays, on a assassiné la culture. On essayé d'éteindre la flamme qui nous maintient ensemble : notre liberté de penser, de nous exprimer, de s'engueuler et de rire. Si j'avais écrit cette lettre à mes filles hier, je leur aurais loué les qualités de notre douce France, si belle dans ses contradictions, ses débats incessants et sa diversité. Aujourd'hui, je leur dis de se battre pour qu'elle reste toujours ainsi. 



3 commentaires:

  1. et à nous de nous battre pour elles aussi

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    1. Bien entendu. Mais je réalise que le chemin est long contre l'ignorance et l'intolérance.

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