mercredi 9 mars 2016

Journée internationale des droits des femmes + 1

Décriée, incomprise, raillée, la fameuse "journée de la femme", diminutif de la journée internationale des droits des femmes, s'est conclue hier à minuit et nous laissera tranquilles pendant une année, et même pas bissextile cette fois-ci. 


Tout le monde va pouvoir reprendre le cours de sa vie, ses activités normales, en particulier sur les réseaux sociaux. Les mêmes qui s'offusquaient hier de voir cette fête réduite à une opération commerciale pourront relayer codes promo, liens sponsos et incitations à la consommation en tout genre qui pullulent  dans le web 2.0. 

Parce que soyons honnêtes, mesdames, le féminisme de nos jours se résume à s'indigner sur Twitter parce qu'une nana n'a pas pu allaiter dans un magasin de maquillage et à commander un t-shirt portant le message "I am not a princess". 

En réalité, nous rêvons de réussir une bonne brioche, des enfants bien sappés, notre déco d'inspiration scandinave et notre régime WW. Soit de cocher toutes les cases de la sélection quotidienne d'Hellocoton, cet avatar digital de Femme Actuelle où la femme est présentée comme une mère, une épouse, une fée du logis, un fin gourmet et une coquette. 

Pendant que nous nous acharnons à ressembler à ce que la société et la blogosphère renvoient comme l'image de la femme parfaite, que nous nous gaussons des marques qui nous souhaitent une bonne "journée de LA femme" (laquelle, personne ne sait), que nous regardons dans le fil Instagram de la voisine pour voir s'il n'y aurait pas une chaussette roulée en boule planquée sous un meuble vintage... Pendant ce temps-là, on ne s'offusque pas. 

On trouve normal que des sociétés comme Hellocoton, par exemple, touchent des revenus publicitaires en agrégeant des contenus qu'ils n'ont pas rémunérés. Des contenus créés, parfois avec du talent et beaucoup d'investissement par une majorité de femmes. 

Nous vivons toutes et tous dans une période difficile. En dehors du cadre carré de la photo, les angoisses sont légions : chômage, violence, maladie... La tentation est grande de ne prendre de la vie que ce qu'elle offre de plaisirs faciles et immédiats. De nous complaire dans la consommation, de craquer pour des gadgets estampillés par les princesses de Disney, de sauter l'école parce que ce n'est pas si important, de transformer nos enfants en petites-filles-sandwiches. 

Nous sommes toutes et tous responsables de la perte de substance du combat féministe, trop préoccupés par le seul droit qui nous intéresse encore, celui de consommer.

Vous trouverez dans les pages de ce blog de nombreuses incitations à la consommation, qui, je l'espère, sont moins nombreuses que les encouragements à la réflexion. Je ne suis ni extérieure, ni supérieure au reste de la société. Mais en tant que femme, que mère de deux futures femmes, et surtout en tant qu'être humain, j'aimerais qu'on se demande tous ensemble jusqu'à quand nous nous satisferons de notre hypocrisie.

1 commentaire:

  1. Purée, je ne l'avais pas vu comme ça l'après ! Et donc je trove que tu vois bien l'après (et l'avant) le 8 mars. Néanmoins concernant la consommation (et même si comme tu le dis) mon blog fait parfois la publicité de quelques produits (et même des crèmes), je me sens tellement une femme ratée, moi, dans ma campagne. Parce que je n'aime pas les fringues, ni les sacs ni spécialement les chaussures. parce que mettre une robe est une punition. Comme me maquiller en fait. Parce que ça fait bien longtemps que je ne consomme pratiquement plus que ce dont j'ai besoin et que j'essaie d'expliquer pourquoi aux enfants (les miens). Je me sens si souvent en dehors en fait. Je ricane jaunes devant les pubs et je tente d'expliquer le marketing aux enfants.
    Pour Hellocoton, je ne suis plus le bouzin depuis bien longtemps mais purée!! je n'avais jamais pensé à ça, dis donc!

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