samedi 29 octobre 2016

Les journées Parents Témoins de Blédina

Quand Blédina m'a proposé de visiter une exploitation de pommes et l'usine où se cuisinent les petits pots et plats préparés destinés aux enfants français, j'ai sauté sur l'occasion d'en savoir plus sur les procédés qui permettent à ce leader de l'alimentation infantile de fournir les rayons des supermarchés toutes l'année en purée de pommes. 

Parce que l'enjeu des journées Parents Témoins organisées par la filiale du gigantesque Danone est celui-là : essayer de rendre humaine la production industrielle, mettre un visage sur les mots parfois abstraits comme "producteurs français", nous faire réaliser comment se crée une recette en fonction d'une centaines de facteurs qui nous échappent parfois, nous confronter à l'exigence en terme d'auto-contrôle des personnels de l'usine où les légumes et fruits deviennent des petits pots destinés à être consommés par des bébés. 

En effet, que ce soit dans les champs, dans les couloirs du service marketing à Villefranche-sur-Saône ou dans les hangars de l'usine de Brive-la-Gaillarde, on entend la préoccupation d'hommes et de femmes tout à fait conscients et soucieux du fait de travailler pour de jeunes enfants. Public difficile, mais surtout fragile.


Mais revenons à nos pommes, puisque c'était l'objectif de ce voyage, partir à la recherche du fruit parfait, sans trace de pesticide ou de traitement et tout de même suffisamment résistant pour fournir à Blédina les tonnes nécessaires à remplir les rayons des supermarchés toute l'année. 

Il est amusant de constater comme la pomme, fruit on ne peut plus banal, peut déchaîner des passions. Fruit tantôt défendu, parfois empoisonné, vendu à la cause d'un candidat à la présidentielle il y a quelques décennies, ou récemment accusé de porter les traces des pires pesticides de l'agro-alimentaire. Je ne vais pas vous cacher que pendant mon court séjour dans le Sud-Ouest de la France, j'ai été prise à parti sur les réseaux sociaux : ma visite dans les vergers ne serait qu'une vaste opération de communication, un mensonge de plus qui cache un scandale sanitaire imminent.



Peut-être suis-je la Reine des Pommes, mais je n'ai pas l'impression d'avoir été flouée par les explication de la productrice qui nous a reçus. Déjà, ses explications n'étaient pas particulièrement "markettées". Oui, il lui arrive de traiter ses pommiers, mais elle se limite à des produits qui ne doivent laisser aucune trace avant la récolte. Concrètement : la récolte s'effectuant aux mois de septembre et d'octobre, ses pommiers n'ont pas connu de traitements depuis le mois de juin.


Pour ce qui est de l'environnement général de l'exploitation, j'ai été assez étonnée de constater l'omniprésence de la nature. Logique, allez-vous me rétorquer ? Pas pour moi qui ai grandi à la campagne : j'ai connu des hectares de vignes où rien n'avait le droit de pousser hormis les précieux ceps, des champs bombardés de lisier à la fin de la saison pour booster la fertilité de la terre... Dans les vergers de Montdragon, les herbes folles ne sont pas tondues, les araignées dévorent les visiteurs de bon coeur et les abeilles ont leur résidence au bout du champ.


J'ai aussi été "rassurée" par le fait qu'on ne nous montre pas une sorte de Disneyland de la pomme. Les vergers sont ouverts aux particuliers qui viennent acheter directement au producteur. On voit donc des voitures de retraités qui sillonnent certaines parcelles. Du côté du conditionnement, les piles de pommes hors calibre s'amoncellent et seront vendues au rabais. La porte du local réfrigéré arbore une tête de mort à faire jaser le moindre journaliste de Cash Investigation (rassurez-vous, le danger ne réside pas dans la présence de produits toxiques mais plutôt dans l'absence d'oxygène qui est nécessaire à la longue conservation des fruits).

Guillaume Troucat élabore les recettes spéciales pour régaler les bébés tout en respectant leurs besoins et leur développement

Cette première visite m'a fait apercevoir la complexité de la production pour l'alimentation infantile si contrôlée... je n'étais pourtant qu'au bout de mon voyage au monde de la sécurité. La visite de l'usine et des laboratoires de  Brive-la-Gaillarde m'a propulsée dans la réalité de l'industrie agroalimentaire. Des tonnes de matières premières convergent vers le site historique du Sud-Ouest de la France pour devenir les ingrédients de recettes scientifiquement dosées et calibrées par un chef de cuisine en fonction de l'âge de l'enfant, de ses besoins nutritionnels, des tendances alimentaires...


En voyant les centaines de petits pots passer sous mes yeux, j'ai ressenti une sorte de vertige. Comment se figurer les tonnes de nourritures préparées, les milliers de foyers qui feront le choix de les servir à leurs enfants ? C'est ce rendement qui permet à Blédina de pratiquer des coûts abordables pour un degré de sécurité maximal, qui permet d'offrir à un bon nombre de bébés la nourriture spécifique qui est élémentaire pour leur développement. Un lot de légumes sera contrôlé des centaines de fois avant son arrivée sur les tables familiales, le moindre défaut trouvé dans un petit pot conduit les centaines d'autres à être retirés des lignes de production et jetés pour des raisons de sécurité évidentes.

Alors oui,
Ces deux jours intenses ont confirmé ce que j'ai toujours pensé sur les produits Blédina : ils sont à la pointe en matière de sécurité alimentaire, de traçabilité et surtout de réflexion sur l'agriculture raisonnée à grande échelle. Parce qu'on pourra défendre le bio pour ses principes, il reste envisageable pour une maigre partie de la population.


Néanmoins, je n'ai pu que constater le fossé entre les goldens des vergers albigeois et la purée de pommes des petits pots. Les pommes que j'ai vues pousser ne sont pas lisses, n'ont pas toutes le même goût ou la même couleur. Aussi douce, bien conçue et équilibrée soit la recette que vous retrouvez dans les petits pots Blédina, elle est le fruit d'une vision aseptisée du monde qui est à même de sécuriser les jeunes parents... mais qui est bien loin des aspérités que je recherche dans mon mode de vie.

Clairement, la purée de pommes que je préparerai avec les pommes cueillies à Montdragon ne sera pas scientifiquement prouvée propre à la consommation pour ma fille de moins de 3 ans : il y aura probablement trop de temps de cuisson pour préserver les nutriments, des morceaux un peu trop gros voire des corps étrangers, des traces de gluten et trop d'acidité. Mais elle embaumera la maison et nos souvenirs un long moment dans toute son imperfection.

Pour conclure, je pense que ces deux jours m'ont beaucoup appris sur l'alimentation infantile et le fonctionnement d'une société comme Blédina. J'ai été littéralement passionnée par les stratégies pour lutter le plus naturellement possible contre les difficultés qui menacent une récolte, fascinée par les process de contrôles qui garantissent une sécurité et une qualité quasi absolues mais aussi un peu sceptique devant toute cette maîtrise. Je pense que le modèle de l'alimentation infantile devrait servir de laboratoire pour rendre plus responsable le reste de la production industrielle, mais elle doit aussi nous interroger, nous parent, sur notre obsession sécuritaire.

Plutôt que diaboliser l'industrie agroalimentaire, certains seraient inspirés de participer à ces journées de découverte Parents Témoins pendant lesquelles les collaborateurs de Blédina font bien plus que nous servir une soupe publicitaire contrôlée, mais jouent réellement le jeu de la transparence.


Pour aller plus loin : 

- Pour être informé des prochaines rencontres Parents Témoins et de l'actualité de Blédina, abonnez-vous à la page Facebook.
- Quelles sont les différences entre l'alimentation infantile et le bio ? Les réponses à toutes les questions que vous vous posez sont dans ce précédent article. 
- D'autres compte-rendus sur ces deux journées Parents Témoins avec notamment des informations précises sur la provenance des matières premières utilisées par Blédina sur Le Carnet d'Emma, MumandCo, Une souris bleue, Hautes comme trois pommes, Félie et ses monstres gentils, Mubu Caro, Maman jusqu'au bout des ongles, et Untibébé


2 commentaires:

  1. Merci pour ton billet ! Je n'ai pas eu la chance de pouvoir visiter l'usine mais tout comme toi, après de nombreuses tables rondes autour de l'alimentation infantile, Bledina reste pour moi une garantie de manger sainement (trop ?) pour nos enfants. Chaque parent fait comme il peut/veut. Pour moi, l'idéal est de pouvoir faire un mixte, apportant de la sécurité mais aussi de la folie, du gout et du souvenir avec du fait maison, pas toujours hyper clean en effet mais tellement bon

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  2. Coucou merci pour ton magnifique article , toujours aussi sincère et j'aime ça.

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