dimanche 13 novembre 2016

On a le temps.

D'apprendre les chansons de Brassens par coeur. D'ouvrir un compte à la bibliothèque. De visiter les Serres d'Auteuil. De faire deux heures de piano par semaine. D'aller voir l'expo Buffet. D'apprendre à faire du vélo. De rappeler tata. D'organiser un goûter avec les copains. De tester les cours de baby-skate. De remplir les cahiers de naissance des enfants. De faire le marché. D'aller aux journées ouvertes aux enfants de la BNF. De lire les livres de Mélanie Rutten. De passer un Noël au soleil. De faire de la peinture dans le bain. De réorganiser le coin bureau. De finir le gilet au crochet. D'accompagner la sortie scolaire de mardi. De prendre rendez-vous chez l'ostéo. De parler de nos ancêtres. De faire des gâteaux pour la maîtresse. De s'investir dans la Commission Enfance de la mairie. D'aller au cirque Romanès. De passer une semaine en camion en Lozère. D'imprimer les photos. D'écouter un peu de musique. De ranger la commode. De passer une nuit en forêt. De finir le déguisement de chouette. De finir de fixer les étagères. De ramasser du houx en forêt. De finir de ranger les LEGO. De revoir 15 fois Le Roi et l'Oiseau. De tremper des chamallows dans le chocolat chaud. D'apprendre à jouer au Nain Jaune. De donner le biberon aux agneaux. De camper au bord de l'eau. De lire Roald Dahl. D'apprendre à lire. 

(Il y a quelques temps, je n'avais pas 20 ans et je criais "Qu'est-ce qu'on se fait chier !" en chœur avec les Têtes Raides. Depuis, nous n'avons plus le temps de nous ennuyer)

En devenant parent, j'ai rapidement été submergée par mon impatience. Celle de tomber enceinte, d'arriver au terme de la grossesse, d'avoir un bébé diversifié, d'entendre ma fille parler, de pouvoir l'emmener voir des concerts, de les voir jouer ensemble, qu'elles apprennent à lire, qu'elles se déguisent, aient des devoirs, apprennent le latin, aiment les BD, le tennis et la chanson française. 
Il y a 4 ans, j'ai du me rendre à l'évidence... il faudrait attendre et trouver un exutoire à mon envie farouche de transmettre. J'ai donc ouvert ce blog pour y recenser toutes les lectures que je voulais offrir à mes enfants, noter toutes les activités que j'aimerais partager avec eux, et, au fond, garder une trace des valeurs que j'aimerais leur transmettre. 

Régulièrement, quand je suis frustrée parce que j'ai raté les inscriptions aux ateliers de la Philharmonie ou parce qu'on a la flemme de se mettre au piano, je me répète comme un mantra : 
"ON A LE TEMPS" 
On a le temps de trouver une solution énergétique durable pour nos enfants ? 
On a le temps de mettre les femmes et les enfants qui mendient dans nos rues à l'abri avant que nous devenions tous insensibles à leur sort ? 
On a le temps de neutraliser les extrêmistes qui veulent réguler leurs lectures, leurs corps, leur droit à aller visiter une expo ou une salle de concert ? 
Il y a 4 ans, j'ai ressenti une urgence  à écrire tout ce que je voulais transmettre à notre jeunesse. 
Il y a 1 an, j'ai senti le temps s'accélérer.
Aujourd'hui, après de nombreux mois à un rythme tachycardique, je m'avoue un peu battue par ma course contre la montre. Le nombre de livres chroniqués, d'expos visitées, de snaps envoyés semblent dérisoires face à la violence et la bêtise ambiantes. 
NOTRE TEMPS EST COMPTÉ. 
Par tous les moyens, résistons.

1 commentaire:

  1. Je prends le temps d'écrire un commentaire ce que je fais de moins en moins même sur les blogs que j'aime beaucoup.
    je me déconnecte peu à peu et retrouve un peu de temps et tente de ralentir ma course. Ça fait quelques mois (notamment avec l'arrêt de mon job qui ne m'apportait plus aucune satisfaction) que je "pense" à me poser. Oui il faut que j'y pense pour yn parvenir, genre "ça sert à rien Sabine, ralentis". C'est ma façon de résister.

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