jeudi 4 mai 2017

France, je vous aime.

A l'occasion des élections présidentielles, j'ai l'impression d'être en état de choc. Force est de constater que les idées racistes et rétrogrades du Front National se sont taillé une part de lion dans la détresse et l'ignorance des Français. Parfois je m'étonne moi-même de mon insouciance. J'ai grandi dans une des nombreuses campagnes françaises où Marine Le Pen arrive en tête des votes, je ne découvre pas son implantation d'aujourd'hui. Il ne m'est pas rare de constater que les théories d'extrême droite, les fausses informations poujadistes ou les blagues racistes qui sont le fond de commerce du FN sur les réseaux sociaux sont partagées par certaines de mes connaissances de collège ou d'école primaire. 

Depuis quelques années, j'habite dans une ville où le vote Front National reste circonscrit à quelques paumés. Je n'ai jamais pensé que Paris était supérieure au reste du territoire, mais il faut admettre que sur ce point, on compense largement la qualité de l'air ou les espaces naturels de nos provinces. Malgré tout, je ne veux pas haïr la France, je veux continuer à me balader dans les paysages de mon enfance, je veux affirmer haut et fort aux électeurs de Marine Le Pen que je suis ici chez moi, que je suis chauvine, patriote, et que je ça signifie me battre contre leurs idées et leur vision faiblarde de notre pays qui devrait se recroqueviller sur lui-même pour se protéger des désastres du monde moderne. 

Ma France, elle est forte et multiculturelle, ouverte sur le monde, sociale et, si elle est en droit d'affirmer une quelconque supériorité, c'est celle d'avoir connu des hommes et des femmes qui ont voulu dépasser les injustices qu'on leur présentait comme insurmontables. La République française est pour moi indissociable d'une part d'utopie qui réside dans ces mots : Liberté, Egalité, Fraternité. Loin d'être des réalités, ils s'agit d'objectifs abstraits qui doivent guider tous les trois ensemble nos existences de citoyens. 

Il est grand temps que chacun d'entre nous prenne ses responsabilités par rapport à la politique, et cela est loin de se limiter au geste de glisser une enveloppe dans une urne (bien que ce soit déjà hors de portée pour beaucoup d'irresponsables qui ne se soumettent qu'au premier mot de l'adage et ne voient que leur liberté sans se soucier de leurs frères et soeurs Français ou étrangers). Sans nécessairement devenir des élus, nous pouvons nous efforcer à faire quelque chose d'exceptionnel au quotidien : aimer notre pays. J'ai souvent envie de pleurer ces derniers jours parce que j'ai l'impression qu'on veut me voler la France, qu'on veut me la faire haïr en n'en montrant que le plus dégueulasse. Pour remédier à ces mauvaises pensées, je n'ai encore rien trouvé de mieux que la culture, toujours elle. 

Je vous livre mes 3 dernières raisons en date d'aimer la France, j'espère que vous en ferez bon usage. 

- Stéphane de Freitas, Ladj Ly et Loubaki Loussalat


En réalisant le documentaire A voix haute, qui raconte comment des jeunes de Seine-Saint-Denis préparent le concours Eloquentia, Stéphane de Freitas et Ladj Ly mettent en lumière le pouvoir de la parole, du débat, de la diversité. Lors de son intervention auprès des jeunes, Loubaki Loussalat lance ce slam pour la France qui me fait monter le coeur dans la gorge.
Le film est actuellement en salle, allez-y, les yeux grands ouverts ! 


Un bus, une poignée de passionnés... voici le dispositif de combat de l'ASET 93, association luttant depuis 2006 dans des tranchées que tout le monde a oublié, celle de la déscolarisation massive des enfants du voyage qui n'ont aucun accès à l'éducation. 
Vous pouvez soutenir l'association en faisant un don financier, donner des livres ou du matériel scolaire ou de votre temps. 

Pour découvrir l'action de l'ASET 93 rendez-vous sur son site internet de l'association ou consultez l'article du journal Le Monde à son sujet. 



Il était une fois, un chorégraphe passionné qui fit un pari fou : emmener ses élèves de la classe de Hip Hop du Conservatoire de Villepinte à la Philharmonie de Paris. Pas dans la salle, mais sur la scène. Et pas pour faire "un coup" en forçant à tout prix l'entrée une pseudo "culture ghetto" dans une institution reconnue, mais bel et bien pour créer les conditions d'une rencontre hors du commun entre la danse hip hop et l'opéra baroque. Pendant 3 ans, de jeunes musiciens et danseurs amateurs venus deTremblay, Aulnay-sous-bois et et Villepinte sont venus se mesurer aux grands thèmes qui animent l'opéra : la rivalité, l'amour, la guerre... Des sentiments pas si éloignés de leur quotidien, finalement.
Ces nombreuses heures de préparation et de répétitions ont été réunies au sein d'un web-documentaire capté par la société de production Art2Voir qui nous livre les doutes et les difficultés suscités par l'ampleur du projet, mais surtout la vitalité et la créativité incroyables qui émanent de ces jeunes gens. 
Un document unique à découvrir en ligne.

Si vous cherchez d'autres preuves de mon amour fou pour notre France : 
- Douce France 
- Et au milieu coule une rivière
Et bien sûr, toutes les revues culturelles hebdomadaires qui tendent à montrer que notre diversité culturelle sera bien plus difficile à combattre que ce que veut faire croire la candidate du Front National. 
Marine, la France, tu l'aimes ou tu la quittes... et nous on l'adore.

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