lundi 24 juillet 2017

Les découvertes de la semaine - 3

Petit rituel au début de l'été : les enfants partent chez leurs grand-parents et les parents (dansent) restent au travail, mais avec un rythme grandement allégé. Il y a donc un peu plus de temps pour lire, pour se détendre, pour traîner à la bibliothèque et revenir avec une cargaison de bandes dessinées à (re) découvrir. 


Comme il faut toujours commencer avec des valeurs sûres j'ai repris le début de la série Gus de Christophe Blain (Dargaud, 2007) : des histoires de cow-boys potaches et aussi portés sur les filles que sur le grand banditisme. C'est pas fin, mais ça se mange sans fin !


Les grandes étendues de l'Ouest indompté ont inspiré un voyage plus mystérieux à Loo Hui Phang et Frederick Peeters (L'odeur des garçons affamés, Casterman, 2016). Dès les premières pages ont a envie de suivre ce photographe ténébreux qui n'est pas sans rappeler Lupus dans les territoires indiens. La tension monte au fur et à mesure que la caravane s'avance dans le désert, mêlant danger, désir et spiritualité. Délicieux. 


Prendre des livres au hasard sur les rayonnages des bibliothèques municipales permet d'exhumer des souvenirs de façon imprévu. J'ai ainsi retrouvé Le local (Gallimard, 2005), la première bande dessinée que j'ai eu l'occasion de lire de Gipi. Cette histoire faussement simple de quatre adolescents répétant pour leur groupe de rock m'avait introduit à son style assez corrosif de dessin : une mine affûtée taille les visages et les corps sans complaisance puis se laisse enrober par les ombres de l'aquarelle qui enveloppe de poésie les scènes d'un réalisme dérangeant. J'avais beaucoup aimé ce décalage entre la beauté visuelle des dessins et la simplicité crasse de la vie de ces jeunes gars sans grande envergure, empêtrés dans leurs problèmes avec leurs parents.

Pour ceux qui auront la chance de visiter Bruxelles dans les mois à venir, le travail de Gianni Alfonso Pacinotti dit Gipi fait l'objet d'une exposition temporaire jusqu'au 3 septembre (Gipi, ou la Force de l'émotion, Musée de la Bande dessinée, renseignements en ligne.)



Prise par le temps j'ai attrapé  L'essai de Nicolas Debon (Dargaud, 2015) totalement par hasard au fond du bac, sans même regarder le sujet. J'avais reconnu ces traits de peinture réhaussés de pastel que j'avais croisé dans Le Tour des géants, sa bande dessinée sur le Tour de France que je n'avais pas lue mais offerte. Je n'étais pas du tout préparée à être submergée par l'émotion en lisant l'histoire vraie de Fortuné Henry qui tenta d'établir une communauté libertaire dans les Ardennes au tournant du XIXe siècle. En documentant la création de cette communauté éphémère, Nicolas Debon fait renaître un vieux rêve de paix et de simplicité qui sommeille, j'en suis sûre, dans beaucoup d'esprits engagés pris dans le tourbillon du capitalisme moderne. 

Pour aller plus loin : 

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