mardi 10 juillet 2018

Pour jouer comme les grands

Le jeu de société est un ciment d'une famille. On joue aux tarots entre cousins sur la route des vacances, on égaye les après-midis avec les grand-parents autour d'un jeu de dames et on s'écharpe joyeusement à cause d'une partie de Uno. Synonymes de vacances, de partage, mais aussi révélateur d'une culture familiale, ces jeux peuvent parfois être frustrants pour les plus jeunes qui ne sont pas encore en âge de comprendre toutes les règles et les combines.


Le tarot est le jeu traditionnel indémodable à mon sens. Il requiert de la stratégie mais surtout de la collaboration au sein de la même équipe et reste prisé par les groupes d'adolescents, même à l'heure où il semble que le numérique a révolutionné les façons de sociabiliser. 

Le coffret coloré édité par la marque de jeu de cartes iconique Grimaud propose d'initier les plus jeunes à partir de 6 ans. J'ai tout de suite été partante pour tester cette version qui m'intriguait. En effet, enfant, j'étais très attirée par ce jeu du fait des illustrations des atout et du côté inquiétant du tarot divinatoire. D'un point de vue plus prosaïque, j'ai toujours trouvé très difficile d'expliquer ce jeu à un non-initié et j'étais curieuse de savoir comment Grimaud avait simplifié les règles.

Le résultat est très réussi et la simplification du jeu ne se limite pas à avoir adapté les cartes dans le style "bandes-dessinées". Le jeu se joue à 4 et chacun des joueurs joue pour soi, ce qui permet d'aborder la valeur des cartes avant d'aborder les variantes à 3 (ma combinaison préférée !), 5 ou 6 participants. Si vous n'avez pas joué depuis longtemps, c'est une bonne façon, quelque soit votre âge, de vous remettre à ce jeu passionnant. 


Le 8 américain (plus connu sous la forme du Uno), est un inconditionnel des jeux de société. Pour le rendre accessible aux enfants les plus jeunes tout en le pimentant un petit peu, Haba en a fait une version où les cartes ne sont autres que des oreilles de chien ! Plutôt que d'avoir l'intégralité de son jeu entre ses mains, le joueur à partir de 5 ans doit mémoriser celles qu'il a placé sur ses oreilles et les jouer en priorité jusqu'à se débarrasser de toutes ses cartes.


Le célèbre jeu est adapté aux plus petits : à la place des chiffres se sont des formes facilement reconnaissables qu'il faut associer, et la forme des cartes facilite la prise en main chez les plus petits. Les parties ne durent qu'une dizaine de minutes et sont tout à fait adaptées au temps de concentration des plus jeunes qui pourront enchaîner les parties au gré de leurs envies.


Petit regret : il n'y a aucune carte spéciale dans le jeu, il faudrait donc que la marque se penche sur une extension pour le faire évoluer avec les fameux +2 ou "changement de sens" qui pimentent la partie ! 


Le Chkobba est un jeu traditionnel tunisien mais qui existe également sous d'autres noms et formes en Italie. Si vous ne le connaissez pas, vous n'en serez pas moins happé par les parties qui se révèlent endiablées et plutôt très animées.


Le jeu se joue d'ordinaire avec un jeu de cartes classique, chaque joueur essaie d'amasser le maximum de points jusqu'à arriver à un nombre fixé par avance entre les joueurs. La difficulté du jeu traditionnel pour les plus jeunes est de retenir la valeur en point de chaque figure. La société Daradam, spécialisée dans l'apprentissage de la culture et de la langue arabe, a donc créé une version avec des cartes simplifiées où apparaissent les chiffres. Un enfant qui sait faire de petites additions peut donc commencer à jouer et il pourra développer sa rapidité de calcul. Attention cependant : le jeu requiert un certain sens de la stratégie, ce qui lui donne d'ailleurs tout son sel ! 


Les parties sont très courtes et on se prend au jeu dans la minute. Attention cependant à lire les règles sur le blog de Daradam avant de commencer à jouer, le dépliant est un petit peu obscur ! D'un point de vue culturel, le Chkobba est une bonne occasion de rappeler le rôle des nombreuses migrations dans la constructions des identités méditerranéennes : la scopa, mère du Chkobba a été rapportée en Tunisie dans leurs bagages par les migrants italiens du XIXème siècle... 

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